Froc (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle. Issu du francique *hrokk, « habit ».
1. Partie de l'habit monacal qui couvre la tête et tombe sur la poitrine et les épaules ; par ext., l'habit tout entier. Mettre son . Froc de bure.
2. Se dit figurément de la profession monacale, de l'état monastique. Charles Quint voulut mourir sous le . Expr. fam. Prendre le , entrer dans un ordre monastique. Porter le . Quitter le . Jeter le aux orties, renoncer, souvent avec éclat, à l'état monacal et, par ext., quitter l'état ecclésiastique.
3. Argot. Culotte, pantalon.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

(On prononce le C.) Partie de l'habit monacal qui couvre la tête et tombe sur la poitrine et sur les épaules. Il se prend aussi pour Tout l'habit. "Mettre son ."
Il se dit, par extension, de la Profession monacale. "Cet empereur voulut mourir sous le ."
"Prendre le ," Se faire moine. "Porter le ," Être moine. "Quitter le ," Abandonner l'état monacal.
Fig. et fam., "Jeter le aux orties," Renoncer scandaleusement à l'état monacal et, par extension, Renoncer à l'état ecclésiastique. Il se dit aussi de Toute personne qui, par inconstance, renonce à quelque profession que ce soit.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   La partie de l'habit des moines qui couvre la tête et les épaules.

 2   Par extension, l'habillement entier. Mettre son .
RÉGNIER: « L'on se couvre d'un pour tromper le jaloux »
    Fig. La profession monacale.
SÉV.: « Vous ne serez pas obligée de le mettre dans un »
BOILEAU: « Il [l'homme] tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc, Aujourd'hui dans un casque, et demain dans un »
VOLT.: « L'empereur Lothaire ne vécut dans le que six jours »
VOLT.: « Il ne sait pas que la charrue est plus noble que le »
    Prendre le , se faire moine.
    Porter le , être moine.
    Quitter le , sortir d'un monastère avant d'être profès, et aussi renoncer à la vie religieuse.
RÉGNIER: « Il n'est moine si saint qui n'en quittât le »
    Familièrement. Jeter le aux orties, ou, simplement, jeter le , renoncer à la vie religieuse.
    Par extension, quitter la profession, l'occupation qu'on avait embrassée.
MAINTENON: « Ce sera un grand bonheur si vous ne jetez pas le »
    Renoncer à quelque habitude que ce soit.
SÉV.: « Point de sauces, point de ragoûts ; j'espère bien jeter un peu cet hiver le aux orties dans notre jolie auberge »

 3   Grande robe que les religieux de Saint-Benoît mettent par-dessus leurs autres habits, pour assister au choeur, et lorsqu'ils paraissent hors de leurs monastères.

 4   Sorte d'étoffe grossière de laine. Les s forts contiendront 30 aunes de long sur le métier, pour avoir 24 après les apprêts, Lett. patentes, 22 juill. 1780, art. 4, Orléans.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
CRESTIEN DE TROIES: « Car d'ax [eux] meïsmes sont si chaut Lor hauberc, que li suens [le sien] ne vaut à chascun gueres plus d'un »
    XIIIème siècle
     Lai du trot: Et de noirs fros [elles] erent vestues
    XVème siècle
BASSELIN: « Car pour mon vieil ami trouver [il] Faudroit le quitter et vendre »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. frâ ; norm. frot, étoffe grossière en laine ; provenç. floc ; angl. k. On le tire du germanique : bas-latin, hrocus, rocus ; anc. h. allem. hroch, qui signifie habit et qui est l'allemand Rock, habit. On remarquera le provençal floc qui se confond avec floc, flocon ; ç'a été une raison pour Diez de rejeter l'étymologie précédente et de voir dans un dérivé du latin floccus, flocon de laine. Mais on ne peut écarter le bas-latin hrocus, qui est certainement germanique, et qui a pu donner ; comparez FREUX et FRIME.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


(On prononce le C.) La partie de l'habit monacal qui couvre la tête et tombe sur l'estomac et sur les épaules. Il se prend aussi pour Tout l'habit. "Mettre son ."
"Prendre le ," Se faire moine. "Porter le ," Être moine.
"Quitter le ," Sortir d'un monastère avant d'être profès.
Fig. et fam., "Jeter le aux orties," Renoncer à la profession monacale; et, par extension, Renoncer à l'état ecclésiastique. On le dit aussi De toute personne qui, par inconstance, renonce à quelque profession que ce soit.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


(On pron. le C.) La partie de l'habit monacal qui couvre la tête et tombe sur l'estomac et sur les épaules. Il se prend aussi pour tout l'habit. "Porter le . Prendre le ."
On dit, "Quitter le ," pour dire, Sortir d'un Monastère avant que d'etre profès; et familièrem. qu'"Un Moine a jeté le aux orties," pour dire, qu'Il a apostasié, qu'il a quitté l'habit et le Monastère après avoir fait profession.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



La partie de l'habit monacal qui couvre la tête & tombe sur l'estomac & sur les épaules. Il se prend aussi pour tout l'habit. "Porter le . Prendre le ."
On dit, "Quitter le ," pour dire, Sortir d'un Monastère avant que d'être prosès. Et fam. qu'"Un Moine a jeté le aux orties," pour dire, qu'Il a apostasié, qu'il a quitté l'habit & le Monastère après avoir fait profession.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Frok".] C'est proprement la partie de l'habit monacal qui coûvre la tête; mais on le dit ordinairement de tout l'habit. 'Porter, prendre, quiter "le ".
- On ne s'en sert guère que par plaisanterie et par mépris. = En style proverbial, "jeter le aux orties", quiter l'habit et le monastère, après avoir fait profession. Et par extension, renoncer à quelque profession que ce soit; abandoner par dépit une afaire comencée, etc.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


La partie de l'habit Monachal qui couvre la teste & tombe sur l'estomac & sur les espaules. "Porter le . prendre le ".
On dit, "Quitter le ," pour dire, Sortir d'un Monastere avant que d'estre profez. Et, qu'"Un Moine a jetté le aux orties", pour dire, qu'Il a apostasié, qu'il a quitté l'habit & le Monastere aprés avoir fait profession.




Emplacement dans le dictionnaire :

frisquet
frisson
frissonnant
frissonner
frit
frite
friture
frivole
frivolité

froid
froidement
froideur
froidir
froisser
frôler
fromage
fromager
froment
fromentacée
froncer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Georges RODENBACH (Le Règne du silence)

...le ciel en robes roses ! XI : l'eau, pour qui souffre, est une soeur de charité que n'a pu satisfaire aucune joie humaine et qui se cache, douce et le sourire amène, sous une guimpe et sous un froc d'obscurité ; son amour du repos, son dégoût de la vie sont si contagieux que plus d'un l'a suivie dans la chapelle d'ombre, au fond pieux des eaux, où, tranquille, elle chante au pied des longs...


Citation n°2 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...tout cela contraignait son esprit à un hommage lige et son coeur immobile à un battement ; même de sa continence impudique naissait un désir du corps de ce moine, que les grands plis de son froc rendaient mystérieux et attirant. En vain elle fixait son esprit ailleurs, le strabisme de la passion naissante la ramenait au dominicain. Elle s'était sentie soulevée quand cette parole sonna comme...


Citation n°3 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...sans nom et un religieux sans gloire ! Quelle honte et qu'il fallait bien qu'elle commît un crime si pervers qu'il échappât à ces deux psychologues, jusqu'à plein effet ! Mais comment arracher de ce froc, ce cri du corps, d'ordinaire si exact répondeur à l'appel impudique ? Sa perversité fut le tremplin qui d'un ressaut la lança tout entière à l'extrême de la passion. Sans effroi devant les affres...


Citation n°4 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...commença une sérieuse confession s'approchant peu à peu, et dans un mouvement habile de honte, elle posa sa tête et ses mains sur les genoux du moine qui sentit une caresse et un baiser souiller son froc. D'un geste fort, il lui prit le bras et l'écarta, se levant, sans un mot d'indignation ou de blâme. à la princesse, toujours à genoux et blême de déception, il dit d'une impassible voix, en tendant...


Citation n°5 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)

...toujours aliéné à son profit, la santé. Rétablie et pleine de nouvelles sèves, elle entreprit de nouveaux drames. Un prédicateur, un oblat, un élu du ciel, sacrifiant pour elle à la terre, jeta son froc aux orties et sa barette par-dessus les moulins. Après six mois de trop coupables délires, il alla, selon d'illustres exemples, s'ensevelir à la trappe avec son désespoir et ses péchés. Elle,...


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